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Tourisme au Maroc

FÉS : MOULAY IDRISS ZERHOUN DE BAB QASBAH A BAB RIJAL

Les deux collines, Tasga et Khiber, sur lesquelles la petite ville de Moulay Idriss s’est répandue comme un blanc d’œuf, se voient de bien loin. De Volubilis, les deux collines semblent se prendre par la main. Le mausolée de Moulay Idriss en fait la jonction devant la grande place superbement aménagée. L’endroit choisi du mausolée ne semble pas fortuit. Les deux anciens villages, Tasga et Ain-Khiber étaient assurément cantonnés, chacun, sur ses hauteurs ; et l’un et l’autre auraient voulu inhumer le saint homme et premier monarque du pays, sur ses terres…

La ville sainte de Moulay Idriss «première cité musulmane d’Occident» (My Slama Benzidane) est à moins de trente kilomètres de Meknès sur le versant sud du massif du Zerhoun haut de 1.100 m. Depuis toujours la ville est noyée dans une oliveraie séculaire.

 Moulay Idriss, descendant de Ali gendre du Prophète Sidna Mohamed et fondateur de la première dynastie musulmane au Maghreb, n’est pas l’unique saint de la ville. Comme dans toutes les villes et toutes les contrées marocaines, les saints foisonnent sur ces collines bénies où l’eau avait attiré d’autres civilisations avant l’arrivée de l’Islam. Hormis Volubilis, c’est en plusieurs endroits dans le Zerhoun que se manifeste la présence des Romains.

Après un long périple, Moulay Idriss, fuyant Bagdad, s était réfugié à Oualila au sud de Volubilis, avant de s’installer sur une des collines voisines… A Volubilis, les fouilles en Cours dans la partie islamique peuvent se révéler d’un grand intérêt pour l’histoire de notre pays.

Autrefois, on gravissait la pente raide pour entrer dans la ville en passant sur le vieux pont à arche unique enjambant Oued Khomane et l’on y entrait par Bab Ain-Rijal, appelée aussi Bab Zhar et Bab Moulay Abdelaziz. Les vergers, qui délimitaient la petite route sinueuse, ont laissé la place à des cultures intensives faisant oublier les fruits au goût singulier comme les figues noires et plissées, les prunes jaunes oblongues, les petites pommes et les poires dures, le raisin ou encore le goût amer des gousses de caroubier. La place est devenue doublement spacieuse, c’est le centre ville et l’endroit des rencontres.

 Elle s’élargit après Bab Jdid qui se trouve à gauche avec sa belle fontaine, et se referme en descendant en pente douce jusqu’à Bab Lahjar. Les nombreuses gargotes aux tables branlantes invitent à la dégustation de la célèbre viande hachée au feu de bois qu’accompagne un thé à la menthe meknassie. Les autres boutiques sont spécialisées dans le «barouk», cadeaux et autres offrandes sanctifiées que l’on remet aux Chorfa ou que l’on ramène à ses proches, comme «baraka» invoquée auprès du saint homme. Sur la place, l’odeur des grillades monte de toute part et se dispute celles du musc, de l’eau de  rose, du henné et autres plantes aromatiques vendues au milieu des bougies, des cierges et des nougats de toutes couleurs. Il y a aussi de la vannerie, de la poterie et des breloques en tous genres.

 Dès l’arrivée au parking, les bus, les camions de marchandises et les grands taxis ne laissent pas grande place aux voitures particulières.

Nous sommes assaillis par de jeunes désœuvrés qui aimeraient nous faire faire la visite de leur ville. La plupart sont de jeunes étudiants, bien éduqués et soignés, amoureux de leur cité, désireux de pouvoir s’acheter un cahier ou un livre, si le visiteur est généreux. Cette effervescence est à son paroxysme le samedi, jour du souk qui se tient dans la partie haute, là où se développe doucement la ville qui reste encore à l’abri d’une extension anarchique. Le samedi, ce sont tous les produits des villages du mont Zerhoun qui se déversent dans le souk hebdomadaire. On y vient de Fartassa, Beni Amar, Mrassiyine, Khenadek, Bab Remla, Beni Assel, Beni Meraz, Bou Mendara, mais aussi de Meknès et de Fès pour écouler des marchandises ou pour acheter une récolte d’olives ou une production d’huile. Le magasin de poterie du fils de feu Abdelkrim ben Taleb est fermé. Le fils a préféré s’installer au complexe de Oulja de Salé. Cette poterie fine, aux formes gréco-romaines réalisée au tour et décorée de motifs tribaux, propres aux femmes rifaines s’est expatriée. Nous pouvons accéder à la grand’ place en traversant par le parking le pittoresque souk aux légumes qui s’accroche en contrebas de la place jusqu’à Bab Jdid. Nous pouvons également quitter le parking, et remonter les quelques pas sur la route qui mène à l’entrée principale de la grand’ place, en laissant Bab Qasbah derrière nous et la route remonter vers le souk hebdomadaire.

Sur la grand’ place, l’entrée de la vieille ville et du mausolée de Moulay Idriss est devant nous. Nous y accédons par quelques larges marches. Mais faisons connaissance avec cet espace qui, sous d’autres cieux, aurait attiré des artistes et où les habitants auraient trouvé où flâner, entre oliviers et bigaradiers en fleurs…

 Allons jusqu’à l’ancienne entrée de la ville sainte. Bab Lahjar délimite la partie piétonne de la place. Un tronçon de route de 100 à 150 m descend vers Bab Ain-Rijal ouverte par le sultan Moulay Abdellaziz dans l’enceinte de la ville. L’ancienne route bascule en lacets dans le verdoyant ravin d’Oued Khomane.

 Nous revoilà sur la place, devant Bab Moulay Idriss. Nous montons les quelques marches en laissant une jolie fontaine en zellij bleu, blanc et jaune que le gargotier de gauche squatte les jours de souk. A droite, les magasins proposent aux pèlerins des assortiments d’offrandes et autres cadeaux à emporter. L’entrée est un long porche qui mène tout droit au mausolée- mosquée fermé par  un « mi’rad ». A environ un mètre et demi du sol, le mi’rad est une sorte de poutre transversale, polie par les mains qui oblige le visiteur à se baisser pour entrer dans l’aire sacrée du sanctuaire (horm) et interdit l’entrée aux bêtes de charge, A partir de cet endroit, la beauté des zellij, des boiseries sculptées et peintes, du plâtre ciselé et coloré, donne au visiteur un avant-goût des splendeurs de l’intérieur du mausolée. Le minaret sur la gauche est imposant. L’endroit est féerique, le contraste avec l’extérieur est saisissant ! L’architecture et la décoration maroco-andalouse a trouvé ici sa maturité avec les m’almine marocains, à travers les âges et les dynasties. Le savoir-faire est indéniable. La réfection, l’agrandissement et l’embellissement du mausolée de Moulay Idriss ont, de tout temps, enthousiasmé les sultans. Les rois ne manquent pas de rendre visite, en grand apparat, au saint homme, dès leur accession au trône. Moulay Ismail avait reconstruit et décoré la Qobba au-dessus du tombeau ; Moulay Abderrahman contribua à sa décoration et feu Hassan Il a dédoublé l’aire de prière en construisant la Qobba Hassania face à la salle du sépulcre. Tout l’art marocain de la décoration intérieure y est célébré.

Les niveaux des patios et la proximité du petit cimetière où est érigé le mausolée de Moulay Rchid, compagnon de Moulay Idriss al- Akbar ey régent de Moulay Idriss al-Azhar jusqu’à son intronisation, attestent des rajouts successifs autour du tombeau du Chérif. Nous sommes devant le mi’rad, sous la voûte du porche de Bab Moulay Idriss. A droite, la partie de la ville construite sur la colline de Tasga est un immense complexe de ruelles sinueuses et de demeures imbriquées qui tantôt grimpent tantôt dévalent la roche. Les maisons blanches épousent les caprices de la roche jusqu’aux pricipices qu’une muraille soutient. S’y perdre… on revient toujours au même endroit ! A gauche, la partie de la ville construite sur la colline de Khiber, aux mêmes ruelles  aux mêmes demeures, aussi traditionnelles que les médinas de nos villes impériales, semble plus animée. Des artisans, comme les tailleurs, les cordonniers, les tisserands, les bijoutiers, un vannier, un ferblantier, un chaudronnier, puis des hammam, des farrane, des petites mosquées ce qu’il y a de plus traditionnel- jalonnent ces ruelles dont la plupart sont exclusivement aux habitations.

Les petits mausolées de saints ne sont pas en reste. Sur le chemin qui n’arrête pas de monter, nous passons devant les adoul regroupés dans une petite maison traditionnelle ouverte aux quatre vents et nous voilà devant la fameuse mosquée au minaret cylindrique. Si le minaret ne laisse pas insensible avec son zellij vert sur lequel est gravé un verset coranique d’une belle calligraphie coufique, l’entrée est décevante avec sa porte métallique. Cette mosquée, appelée jama’ Sentissi, était autrefois la médersa du village Khiber. Quoi qu’il en soit, le minaret est de 1939.

Au sommet de la colline, nous arrivons, après une ascension laborieuse, à un joli belvédère où s’est réfugiée la mosquée de Sidi Abdellah al-Hajjam, étincelante de blancheur avec sa coupole verte. La vue est infinie : tuiles vertes du complexe de Moulay Idriss, coulée blanche des maisons de Tasga et au-delà Oued Khomane et les ruines romanes de Volubilis. Une terrasse de café surplombe le belvédère dont le propriétaire est une mine de savoir sur sa ville.

Le retour sur la place se fait en moins de temps que nous pouvons le penser. Nous dévalons l’escalier, débutant par Bab l’Hafa et menant sur la place par Bab Jdid en face du souk aux légumes. Sur tout le chemin parcouru, la propreté est indéniable, les murs sont badigeonnés de blanc. Ici, les jeunes semblent moins exubérants qu’ailleurs et les jeunes femmes frôlent à peine le pavé. On y voit encore des femmes en jellaba et voile sur le visage. Bien que de temps en temps, on rencontre un cyber ou une téléboutique, le commerce reste dominé par les petits artisans, les marchands de légumes et les épiciers. C’est le Maroc des années 60 !

La ville vit au rythme des visites au sanctuaire et d’un tourisme balbutiant ne dépassant pas la journée. Des logements chez l’habitant commencent à voir le jour ce qui peut retenir une clientèle habituée au passage. Remonter la rue asphaltée qui mène au souk, un samedi, est d’un pittoresque rare. Cette rue, grouillante, mène à la sortie de la ville tout là-haut, à un bel aqueduc à étage et aux nombreuses arcades, construit au début du siècle dernier sous le règne de Moulay abdelaziz pour amener l’eau d’une source située à sept kilomètres au nord de la ville.

Il ne mérite pas l’oubli dans lequel il est plongé. Moulay Idriss, ville de pèlerinage, vit tous les ans, en aout-septembre, son moussem. Il est l’occasion de manifestations grandioses dont l’organisation est bien rodée depuis l’époque mérinide : les zaouias de tout pays envoient leur représentant en des processions hautes en couleurs… et en émotions, pendant plusieurs jours. Le « dikr »s’élèvre des tentes de, pèlerins, mais ce qui frappe, c’est la joie de vivre dans ces manifestations populaires : présence de conteurs, d’acrobates et de l’éternelle fantasia.

Sur le massif du Zerhoun, appelé aussi Jbel Nour, les saints sont légion. Les plus importants sont au village de Beni Rachid,

où nous pouvons visiter le mausolée de Sidi Ali ben Hamdouch, fondateur de la zaouia des Hmadcha et deux kilomètres plus loin le mausolée de Sidi Ahmed Dghoughi, fondateur de la zaouïa des Dghoghiya. D’ici, nous pouvons voir Meknès au loin et aussi, par temps dégagé, Agouraï et Hajeb. Pendant la semaine du Mouloud, le moussem de ceux- ci coïncide avec celui de Sidi Mohamed ben Aïssa Cheikh Kamel à Meknès. Là aussi, le moussem donne libre cours aux croyances populaires, à des débordements entre sacré et profane, à des retrouvailles entre «taïfat» des zaouïa de plusieurs obédiences et de plusieurs villes du Maroc. De simples échoppes en bois ou tentes, montées à l’occasion, proposent les mêmes produits que l’on trouve à Moulay Idriss, sauf qu’ici on rencontre aussi des amulettes aux multiples vertus, des écharpes de couleurs avec le vert dominant, de grossières cages de poules caquetantes et des dizaines de boucs attachés sur la devanture. C’est qu’ici les offrandes sont d’un autre genre ! Les légendes qui courent autour de Sidi Ali ben

Hamdouch et de son disciple Sidi Ahmed Dghoughi, sur lesquelles sont venus se greffer des rites syncrétiques, sont nombreuses et insolites.

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