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SALE: DE LA MARINA A LA KASBAH DES GNAOUA

En passant le long des remparts du bord de mer

d’une zone administrative et de différents  services pour les pêcheurs. Puis la route s’incurve à droite et franchit le mur d’enceinte de la médina de la Borj Jdid. Nous pénétrons dans l’antique cimetière Sidi Ben ‘Achir qui s’étende entre l’habitat et l’enceinte longeant la côte. Son important mausolée situé à notre gauche, à quelques mètres des remparts. Ce saint décédé en 1364, est considéré comme le patron de Salé. Un peu misanthrope, consacrant son temps au culte et à la dévotion, il fuyait les hommes et surtout les puissants. Sa tombe, très simple à l’oriqine, fut agrandie  et transformée par les sultans Moulay Abdellah (1727-1757) et Moulay Abderrahmane ben Hicham (1822-1859). Ce dernier construite à coté du mausolée un maristan à l’intention des malades mentaux.

Derrière le mausolée se trouve Borj Addoumou’. Celui-ci a une longue histoire. En 1260, en quasi rébellion avec son sultan, le gouverneur de Salé, voulant son doute acheter des armes, noua des relations avec des marchands espagnols qui introduisirent plusieurs bateaux dans le port. Subrepticement, ils infiltrèrent des renforts dans la ville ; puis, lors de la rupture du jeune, des troupes restées en réserve débarquèrent et commencèrent à massacrer, à piller et à violer. Le sultan Yacoub ben Abdelhaq, alors à Taza, arriva à marche forcée et, après quinze jours de lutte, rejeta les espagnols à la mer. Il prit alors quelques décisions radicales qui allaient changer l’aspect de la cité. Tout d’abord il renforça la défense de la ville et construisit Borj Addoumou’, « Bastion des larmes », à l’endroit même ou les espagnols étaient entrés. Suite à ce désastre, le sultan versa en effet des larmes et travailla de ses propres mains à l’édification du borj. Mais l’autre décision, encore plus importante, fut la création d’un arsenal à l’emplacement ou serait construit, bien plus tard, le mellah.

Au cours des siècles, le mur d’enceinte, avec ses bastions, fut considérablement renforcé, notamment sous les Alaouites qui parachevèrent les travaux de leurs prédécesseurs. En 1759, le sultan Sidi Mohammed ben Abdellah construisit deux sqala : celle des Oudaya et celle située sur l’autre rive du  Bouregreg, à l’emplacement de Borj Addoumou’.

Cette dernière fut ensuite transformée par le sultan Moulay Hassan 1er (1873-1894) qui lui donna son aspect actuel. La particularité de ce fort est de posséder de belles caves voutées dont la façade maritime était pourvue de canons. Ces caves supportent une galerie également aménagée pour l’artillerie. De cette façon, les éventuels navires ennemis se trouvaient en face deux rangées  superposées de canons.

Ce bastion, assez bien entretenu, servit un moment de musée consacré à la poterie mais l’air humide de la mer convenait  assez mal à la conservation des pièces de collection. De ce borj, l’on peut parcourir les cinq cents mètres de fortifications faisant face à la mer et à sa barre. Endroit romantique chargé d’histoires ou l’on voit un fortin renforcé. Vieux, canon sur son affut rouillé, une embrasure donnant une échappée sur  un pêcheur bravant les vagues…

Puis l’on arrive à la rampe d’accès à la sqala Jedida. Remarquons en haut et à droite de la porte, une fine colonnette témoignant  de sa décoration originelle raffinée. En montant la rampe, nous arrivons sur la plate-forme de la sqala à la longueur impressionnante d’une soixantaine de mètres. De chaque côté, des bâtiments servaient d’abris aux hommes et aux munitions.

Cette sqala fut construite sous le règne du sultan Moulay Abderrahmane ben Hicham (1822-1859). Une centaine de mètres plus loin nous arrivons au dernier bastion de  l’enceinte construit par le même sultan : Borj el-Kabir aussi appelé Borj Rokni. Une porte qui fut belle donne accès à une longue esplanade aboutissant à une large plate forme semi circulaire au mur percé d’une vingtaine d’embrasures à canons. Sur les côtés, des escaliers donnaient accès aux caves à réserves et à munitions. Reprenons notre voiture et franchissons les remparts de la ville par la porte située à quelques pas du fort et tournons à gauche pour prendre la voie longeant la mer.

Cette route n’a rien d’exceptionnel si ce n’est d’avoir servi de décor au film américain réalisé en 2001 par Ridley Scott, « La chute du faucon noir », sensé se dérouler en Samalie ! Un kilomètre et demi plus loin, nous voyons sur  noire gauche l’important mausolée d’Abou Moussa, saint homme qui aurait vécu au Vle siècle et toujours très respecté. Simple et modeste, cet homme se nourrissait de ce que la nature offre spontanément, plantes sauvages, par exemple. Il est vrai qu’il aurait eu le don de transformer  les  plantes amères en délicieux légumes… Longtemps, au mois d’aout, une fête de trois jours réunissait une grande partie des slaouis et attirait les habitants des campagnes environnantes qui installaient leurs tentes au bord de l’océan.

Cinq cents mètres après, au milieu d’un vaste terrain vague, nous voyons un mur d’enceinte assez délabré d’où émerge la superstructure d’un haut chapiteau. Il s’agit d’un curieux alliage de l’ancien et du moderne.

Le mur en dentelle est ce qui reste de l’une des soixante-dix enceintes fortifiées construites par l’incomparable bâtisseur qu’était le sultan Moulay Ismail. Celle-ci hébergea en son temps une troupe de ses soldats noirs, les abid, chargés de maintenir l’ordre dans la région. Mais aujourd’hui elle n’abrite plus qu’une école de cirque.

Pour rentrer à rabat, revenons sur nos pas et prenons la route faisant face au mausolée d’Abou Moussa. Un kilomètre plus loin, elle rejoint la route principale Salé-Kénitra que nous prenons sur notre droite et qui franchit bientôt les trois arcs de l’aqueduc de sour l’Qouas. Cet important ouvrage conçu par le sultan mérinide Abou l’Hassan (1331-1342) avait pour fonction d’alimenter la ville de Salé en eau potable. Celle-ci venait d’Ain Barka située à quelques kilomètres au nord de la ville dans l’actuelle commune de Bouknadel. L’aqueduc rejoignait le mur  des remparts de Salé à quelques dizaines de mètres de Bab Cha’fa. L’eau était ensuite dirigée vers les fontaines, les jardins et certains bâtiments publics : mosquées, médersa, zaouia…

En continuant la route après deux kilomètres, nous rejoignons la marina de Salé et le pont Moulay Hassan.       

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