Rabat, salé

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 La ville royale de Rabat et la cité pirate de Salé, séparées par l’embouchure de l’oued Bou Regreg (la rivière qui chante), se toisent, s’obervent ou se tutoient selon les aléas de leur histoire. Rivales ou solidaires, reliées par deux ponts et des embarcations, l’une se nourrit de l’autre.

Rabat, la ville politique , celle du plais royale, des ambassades, des hauts fonctionnaires et de la bourgeoisie R’batis, n’était, selon léon de l’Africain « qu’une bourgade d’une centaine de maison ».

Ribat Al Fath (camp de la victoire, ou camp de la foi), un nom glorieux donné par le grand Yacoub el-Mansour qui, au XIIe siècle, avait pour ambition de faire de sa ville l’égale de l’Alexandrie ; une vaste et prestigieuse capitale religieuse dont la mosquée notamment devait rivaliser en grandeur avec la Giralda de Séville et la Koutoubia de Marrakech. L’ouvre est hélas restée inachevée, à l’exception de la tour Hassan.

En 1992, Lyautey choisit Rabat pour être capitale administrative du pays. Son ancienne résidence, actuellement le ministère de L’intérieure, donnait directement sur casbah des Oudaïa et, au-délà, sur la médina de salé. Une formidable situation pour observer les agitations ou les mouvements contestataires des habitants.

La casbah des Oudaïa, un bijou

        La rue des Consuls, bordée d’échappes débouche sur la grande place où se tenait jadis le marché de la laine le souk el-Ghezel. En face sur un éperon rocheux, se dresse, telle une proue de navire ancrée au bord de l’estuaire, la casbah des Oudaïa (du nom d’une tribu d’Arabie). Cette véritable forteresse fondée au XIe siècle, a pour vis-à-vis, compagne ou rivale, la madina de Salé. La casbah au XIVe siècle de la caserne pour les militaires. Du bastion des Corsaires, les flibustiers et les pirates attaquaient et rançonnaient les vaisseaux espagnols qui s’aventuraient près de la côte. Ils étendirent leur pouvoir sur les deux rives, pillant les cargaisons des navires et capturant leurs passagers pour les vendre comme esclaves.

La casbah, avec ses petites habitants aux murs peints en blanc et bleu qui ont la particularité de posséder chacune un puits et un figuier, est, aujourd’hui, pacifiquement habitée par les pêcheurs et les barquassiers (les passeurs). Quelques artistes, épris de l’atmosphère du lieu, surpris par sa ressemblance avec un village grecque et par la vue saisissante sur Salé, sont venus s’y installer discrètement.  

Le jardin dit des Andalous, trait d’union entre la médina et l’estuaire, descend en pente douce vers la grève. Dans ce lieu clos et paisible, comme un jardin de couvent dans le style hispano-mauresque, les allées fleuries de volubilis et de daturas délimitent des rectangles, les murs sont bordés de cyprès, de citronniers et de lauriers roses, l’eau coule dans les seguias… Tout inspire à la douceur et à la promenade amoureuse. Son café maure est le rendez-vous préfère des gens qui viennent siroter à un thé à la menthe tout en admirant les couchers des soleil flamboyants, parfaitement romantiques.

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